LA FRANCE N’EST PLUS LE PAYS DES DROITS DE L’HOMME.

barreaux.jpgL’organisation Human Rights Watch vient de publier son rapport pour l’année 2007 et, parmi de nombreux pays démocratiques, USA compris, la France y est épinglée pour différents aspects de sa politique sécuritaire et pénitentiaire, l’état de ses prisons sans oublier la politique d’immigration qui a conduit par exemple la France a expulsé deux somaliens et deux érythréens bien qu’ils aient apporté les preuves du risque de se voir arrêter et torturer dans leur pays.
D’après l’ONG, les grandes démocraties occidentales semblent plutôt s’entendre pour suivre le modèle américain en matière de répression liée à « la guerre contre le terrorisme ». Human Rights Watch doute que les États-Unis et l’Europe puissent exiger le respect des droits de la personne dans le monde dans la mesure où ils les violent eux-mêmes, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Elle fustige l’attitude des gouvernements occidentaux qui n’hésitent pas à fermer les yeux sur les violations des droits de la personne lorsqu’ils sont commis par des partenaires économiques.
Qu’en pensent Bernard Kouchner et Rama Yade ?
La France peut-elle encore se définir comme patrie des droits de l’homme ?
Au même moment, le sénat adopte le projet de loi de rétention de sûreté présenté par Rachida Dati, un projet de loi qui bafoue les règles les plus élémentaires du droit dans un pays démocratique. Même s’il ne s’applique qu’aux criminels les plus dangereux, ce projet de loi ouvre une brèche qui pourrait permettre d’autres dérives. Maintenir en détention une personne seulement parce qu’elle est dangereuse et susceptible de recommencer, c’est une atteinte à la présomption d’innocence et le début d’une justice qui punirait non pas la faute commise mais la faute avant qu’elle soit commise juste sur une probabilité déterminée par une commission et non un tribunal.
Après la généralisation des tests ADN pour toute personne placée en garde à vue, après les arrestations arbitraires au faciès, les arrestations d’enfants étrangers, les restrictions à l’accès aux soins et aux logements d’urgence pour les sans-papiers, rien n’effraie plus le gouvernement de Sarkozy dans sa prise de contrôle totale de la démocratie réduite à sa seule expression électorale.
La France peut-elle encore se définir comme patrie des droits de l’homme ?
Au même moment, les Renseignements Généraux révèlent qu’on assiste à une renaissance des groupes autonomes anarchistes radicaux un peu partout en France. On avait vu avec plaisir l’essor d’une presse anarchiste proche de la CNT et les actions de certains de ses membres dans les syndicats et auprès du DAL et de RSF. Là, c’est une autre facette de l’anarchisme qui réapparaît, l’anarchisme violent. Plusieurs personnes ont été arrêtées avec du matériel permettant la fabrication de bombes et autres armes explosives.
C’est un baromètre en quelque sorte, des signes tangibles que la France n’est plus la patrie des droits de l’homme ou alors la patrie des droits de l’homme au pouvoir : Mr Sarkozy et ses amis…
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