CHIRAC, REVIENS, TU ES PARDONNE !

La plongée du président français dans les sondages n’a pas échappé à la presse européenne. Le « vaudeville » de Neuilly non plus. Revue de détail d’un impressionnant désamour.
Jacques Chirac au Musée du Quai Branly, en janvier 2008
AFP

Il y a quelques semaines à peine, le quotidien espagnol El Mundo consacrait un cahier spécial admiratif au président français. Il en faisait même sa « personnalité de l’année 2007 ». Un titre que son principal concurrent El País aurait préféré voir revenir roi d’Espagne, qui venait de célébrer ses 70 ans.

Deux mois plus tard, un des pères de l’Europe, le socialiste portugais Mario Soares, ancien Premier ministre et ancien président de son pays, prend la plume pour le quotidien Diário de Notícias pour un éditorial intitulé « La déception Sarkozy ». « Il a fallu six mois », écrit le vieil homme, « pour que les Français si cartésiens se rendent compte que l’erratique, imprévisible et inquiétant Nicolas Sarkozy a de grandes chances d’être un désastre pour la France. Il y a même des Français pour crier aujourd’hui : ‘Chirac, reviens, tu es pardonné !’ En six petits mois, l’homme et son style ont été rejetés par les Français, qui déjà le méprisent. »

Le quotidien britannique The Independent ne dit pas autre chose en consacrant dans son édition du 12 février un cahier spécial à cette simple question : « Quel est le problème, avec le président ? » Ou cette autre, plus cruelle encore : « Est-il à la hauteur du job ? » Dans le même genre, mais en Italie cette fois et dans les colonnes de La Repubblica, on se demande si « le super-Sarko d’il y a quelques mois ne serait pas soudain devenu un boulet pour les siens ».

L’épisode de Neuilly, qualifié de « vaudeville » par tous les quotidiens, a fini par symboliser ce désamour des Français et d’une partie de la presse internationale. « On ne rigole plus », écrit Joëlle Meskens dans Le Soir de Bruxelles, « l’Elysée ne prend plus aucun risque, si ce n’est celui du ridicule ».

Ridicule évoqué aussi dans les pages de La Libre Belgique, lorsque l’autre quotidien francophone de Bruxelles évoque le retrait de David Martinon de la course à la mairie de Neuilly : « Nul à Paris ne voit David Martinon maintenu très longtemps au poste de porte-parole de l’Elysée : difficile de parler au nom de quelqu’un qui, au pire, vous a laissé tomber, au mieux n’a pas empêché son propre fils [Jean Sarkozy] de vous humilier en direct devant les caméras du pays entier. »

Décidément non, semble conclure La Repubblica, « le président bling-bling ne plaît plus aux Français », alors même que, pour Le Soir, « le psychodrame se poursuivait à Sarkoville ».

Anthony Bellanger

SOURCE: Courrier International.

DES PRISONNIERS POLITIQUES AU CAMEROUN ?


La parenthèse football s’est refermé. Le Cameroun ne deviendra pas champion d’Afrique 2008, il a été vaincu par des Egyptiens plus forts et dominateurs de bout à l’autre de la rencontre. Il n’y aura pas d’opium pour le peuple jusqu’à la prochaine coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.


La fièvre du football retombée, place aux sujets qui préoccupent les camerounais, à commencer par les retombées de l’opération « Epervier », présentée comme le moyen de combattre la corruption qui gangrène le Cameroun. Avez vous entendu parler du procès du PAD ? Savez vous que parmi les condamnés, il y en a un qui intrigue particulièrement les observateurs, c’est l’ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, Edouard Etonde Ekoto, condamné à 15 ans de prison après une sentence cousue de fil blanc ? L’ancien homme fort de Douala, également diplômé de l’École supérieure de guerre de Paris et de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr, est-il le symbole évident de l’instrumentalisation de la justice camerounaise à des fins bassement politiques ? Pourquoi parle t-on de « justice à tête chercheuse » en parlant du verdict du 13 décembre dernier?

Deux mois après son emprisonnement, il semble que le peuple et les bailleurs internationaux réalisent que la stratégie du « bouc émissaire » permet désormais d’éliminer ceux à qui le pouvoir camerounais prête des « ambitions politiques ». Qui se cache derrière l’opération « Epervier » ? Pourquoi le Colonel Edouard Etonde Ekoto est-il en prison ? A t-il payé au prix fort son opposition à la
modification de la Constitution qui permet de satisfaire les intérêts d’un homme qui voudrait être candidat à sa propre succession ?


Au moment où la situation politique se dégrade jour après jour au Cameroun, que les partis d’opposition sont muselés et que la Grande Bretagne et les Etats-Unis dénoncent toute tentative de révision constitutionnelle sans consultation du peuple, le « collectif liberez 3E » vous propose de débattre sur les enjeux du procès du PAD.Cette rencontre sera l’occasion de rencontrer Me Jean Daniel Likale, avocat du Colonel Edouard Etonde Ekoto, qui profitera de son passage en France pour apporter un éclairage fort intéressant sur les non dits et les dessous de l’emprisonnement de son client.

VENDREDI 15 FEVRIER, DE 19H00 A 21H00
AGECA – SALLE 7
177 RUE CHARONNE, 75011

N’hésitez pas à convier toute personne intéressée par la situation politique au Cameroun. Le nombre de places étant limité, merci de confirmer votre présence :
liberezedouardetondeekoto@yahoo.fr

Infos supplémentaires:  http://liberezedouardetondeekoto.blogspot.com

www.affaire3e.com