COMMENT VOLER LA PROBABLE VICTOIRE DE BARACK OBAMA ?

Barack Obama
Photo AFP

Agence France-Presse

Washington

La campagne présidentielle américaine s’est envenimée dimanche, les deux camps des candidats à l’investiture démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, s’affrontant sur la façon dont le parti doit désigner son candidat, et notamment le rôle des «super délégués».

 

Après huit défaites consécutives au profit du sénateur de l’Illinois, et avant les primaires mardi dans le Wisconsin (nord) qui promettent d’être serrées, Hillary Clinton et ses conseillers ont suggéré que les «super délégués» n’étaient pas tenus de respecter les résultats des scrutins dans leur État.

Les «super délégués», participants honoraires à la convention démocrate chargée en août de choisir le candidat du parti, représentent environ 40% des voix nécessaires pour obtenir l’investiture.

Ils peuvent voter pour le candidat de leur choix, et pourraient jouer un rôle déterminant si aucun des deux candidats ne remporte les 2025 délégués nécessaires à l’investiture.

Selon le gouverneur de l’Ohio (nord) Ted Strickland, qui a apporté son soutien à l’ancienne Première dame, les 796 super délégués sont indépendants et «c’est la règle», a-t-il affirmé dimanche sur la chaîne Fox.

«Les super délégués sont censés exercer un jugement indépendant», avait martelé samedi l’ex Première dame, qui bénéficie de promesses de soutien d’un plus grand nombre de super délégués que son adversaire, citée par le Washington Post.

«Je pense que ce serait un désastre absolu pour le parti démocrate que les super délégués aillent à l’encontre» des résultats des primaires et caucus, a répliqué dimanche le gouverneur du Wisconsin, Jim Doyle, qui soutient Barack Obama.

Mais pour Craig Holman de l’organisation citoyenne Public citizen, les super délégués sont «anti-démocratiques» par nature.

Ce système «est spécialement conçu pour que les initiés (…) puissent avoir le dernier mot sur la décision finale concernant le choix du candidat, quelle que soit la volonté des électeurs», a-t-il dit au Los Angeles Times.

Barack Obama, qui mène pour l’instant la course en tête en nombre de délégués — 1 302 contre 1 235 en tenant compte des «super délégués», selon le site spécialisé RealClearPolitics –, affirme pour sa part que les «super délégués» devraient porter leur choix sur le candidat qui mène le suffrage populaire.

Il compte remporter mardi les primaires du Wisconsin et de Hawaii, où 74 et une vingtaine de délégués sont respectivement en jeu.

L’autre débat qui secoue le parti démocrate concerne l’invalidité des résultats des primaires du Michigan (nord) et de la Floride (sud-est), remportées par Hillary Clinton. Ces deux Etats ont été privés de délégués pour avoir transgressé les règles du parti démocrate en avançant la date de leurs consultations électorales.

Pour Harold Ickes, l’un des responsables de la campagne de Mme Clinton, ces primaires doivent être prises en compte.

«L’équipe de campagne de Mme Clinton devrait se concentrer sur la conquête des délégués par les élections, pas sur ces tactiques (…) qui pourraient mettre en péril la capacité des démocrates à remporter l’élection» présidentielle, a répliqué le directeur de campagne de Barack Obama David Plouffe dans un courriel.

Côté républicain, le favori John McCain, qui s’est dit «optimiste» dimanche, compte sur une victoire dans le Wisconsin mardi pour se rapprocher du seuil des 1191 délégués nécessaires pour s’assurer l’investiture à la convention de Minneapolis en septembre.

Il dispose déjà de 825 délégués, contre 240 pour son adversaire, l’ex-pasteur baptiste Mike Huckabee, et devrait bénéficier dès lundi d’un nouveau coup de pouce avec le soutien attendu de l’ancien président George Bush, le père de l’actuel président.

Source: Cyberpresse.