JOHN McCAIN EST UN DANGEREUX ILLUMINE.

ÉLECTIONS AMÉRICAINESJohn McCain, un dangereux illuminé
Parce qu’il pense que les Etats-Unis sont « la plus grande force de bien dans l’histoire de l’humanité », le candidat républicain pourrait être un président plus dangereux que George Bush, prévient le chercheur britannique Anatol Lieven*.
John McCain
AFP

Il semble peut-être incroyable de dire une chose pareille compte tenu des expériences passées mais, dans quelques années, c’est peut-être avec nostalgie que l’Europe et le monde repenseront à l’administration Bush. Ce sera le cas si les Etats-Unis élisent John McCain en novembre prochain. Au cours des dernières années, les Etats-Unis ont créé des poudrières dans différentes parties du monde. Et le Parti républicain est aujourd’hui sur le point de désigner comme candidat une allumette susceptible de mettre le feu aux poudres. Le problème que pose John McCain vient de son idéologie, de sa politique et surtout de sa personnalité. Son idéologie, comme celle de ses principaux conseillers, est celle d’un néoconservateur. Il était par le passé considéré comme un conservateur de la vieille école, un réaliste. Actuellement, les réalistes qui figurent dans son équipe n’ont plus qu’un rôle décoratif.

Poussé en partie par son intense engagement en faveur de la guerre d’Irak, John McCain s’appuie sur des néoconservateurs comme William Kristol, de l’hebdomadaire Weekly Standard, qui est un ami proche. En politique étrangère, il a pour principal conseiller Randy Scheunemann, autre néoconservateur en vue et fondateur du Comité pour la libération de l’Irak. John McCain partage leur foi dans ce que William Kristol appelle « le conservatisme de grandeur nationale. » Il est persuadé que « les Etats-Unis sont le pays indispensable parce que nous nous sommes avérés être la plus grande force du bien dans l’histoire de l’humanité… nous avons fermement l’intention de continuer à utiliser notre primauté dans les affaires mondiales pour le bénéfice de l’humanité. » « J’instituerai une politique que j’appelle ‘réduction des Etats voyous’. J’armerai, j’entraînerai et j’équiperai des forces qui finiront par renverser le gouvernement en place et instaureront un gouvernement démocratiquement élu », avait, pour sa part, déclaré John McCain en 2000, en se fondant sur le programme néoconservateur d’instauration de la démocratie par la force. John McCain souhaite d’ailleurs qu’on attaque l’Iran si nécessaire pour l’empêcher de développer des armes nucléaires. Il a été filmé, en 2007, en train de chanter « Bombardez, bombardez l’Iran » sur l’air de Barbara Ann des Beach Boys.

Tout cela ne serait pas aussi inquiétant si John McCain n’était pas connu pour sa promptitude à s’enflammer devant les insultes – véritables ou supposées – adressées à lui-même ou au pays. « Depuis que je suis ici, je n’ai connu aucun président avec un caractère pareil », explique le sénateur républicain Thad Cochran. Voilà pourquoi ce ne sont pas seulement les électeurs américains qui devront mettre à profit les neuf mois à venir pour réfléchir aux conséquences d’une élection de John McCain à la tête des Etats-Unis. Les gouvernements européens doivent aussi se poser la question et songer à la façon d’empêcher un gouvernement McCain de poursuivre une politique incendiaire, ou si nécessaire de protéger l’Europe des conflagrations qui en découleraient.

* Auteur de Le Nouveau Nationalisme américain (éd. Folio Essais, 2006)

Anatol Lieven
Financial Times

SARKOZY TIENDRA-T-IL SON RANG A LONDRES ?

C’est moins sûr.

Il arrive dans quelques minutes à Londres, accompagné de son épouse, Carla, où il sera accueilli en grande pompe. Cette visite sous le signe du rapprochement et d’une coopération nucléaire considérée plus prosaïquement et de façon hypocrite comme étant une nouvelle « entente cordiale », est une escroquerie.

Pour être ainsi accueilli, le chef de l’Etat français qui bénéficie du privilège dû aux grands de ce monde, à savoir dormir au palais de Windsor, n’est pas anodin. L’engagement de caniche de la France sur la politique bélliciste américano-britannique y est pour quelque chose.

En poussant le raisonnement plus loin, en décryptant de plus près cette visite, elle n’aurait pas été aussi solennelle, si Nicolas Sarkozy n’annonçait pas le renforcement du dispositif français en Afghanistan. 

D’un autre côté, celui des strass et des paillettes,  le président de la République et son épouse, plus habitués au bling bling de bas étages, sans classe, pourront-ils se tenir à carreau pour ne pas souiller la France ? Entre un président décalé, une première dame un peu olé olé, ce séjour risque fort bien de les ennuyer, eux, et les britanniques sans doute.

Les règles strictes de bienséance et tous les à côtés qui vont avec seront une vraie torture pour Nicolas Sarkozy dont l’entourage signale qu’il n’est pas arrivé à le briffer correctement car, l’homme est un peu trop sûr de lui. On risque de rigoler dans les chaumières anglaises pendant deux jours d’un « soap opéra » sarkozyste.

PARALLAX.