COMMENT DIEUDONNE A REUSSI SON COUP.

Comme on dit vulgairement, Dieudonné a réussi à baiser le système, avec maestria. Trop de bruit pour rien. Bravo l’artiste !

Peu importe en effet l’histoire tarabiscotée du baptême de la petite princesse la plus célèbre de France, Prune, Dieudonné, l’humoriste de très grand talent, le meilleur de France en privé, chez tous les Français sans exclusive, et en public, l’ex humoriste. A pleurer !

Le théâtre de la Main d’Or ne désemplit plus. les médias qui voulait l’abattre, avec les opérations commando de ses adversaires, sont dans leurs petits souliers. Le public a semble-t-il, pardonné les écarts que lui attribue la presse, qui n’a pas encore prouvé l’histoire du baptême. nous attendons toujours.

J’ai vu un ami qui s’est plaint, sans avoir les preuves du baptême, en fustigeant l’attitude de Dieudonné, de se servir de sa fille pour revenir au devant de la scène. On s’en fout, c’est sa vie….privée.

Finalement, l’humoriste est partout, pas seulement sur le Net désormais, mais, dans presque tous les journaux. Que demandait-il ? Il a réussi son coup fumeux, fumant.

PARALLAX.

INTERVIEW DE DIEUDONNE DANS PARIS-MATCH.

31 Juillet 2008 – 18:24
Dieudonné : « Le show-biz, Israël, Le Pen et moi et moi et moi »(Crédit photo/Reuters)

Interview. Depuis un mois, il remplit son petit théâtre de la Main-d’Or. Drôle, très drôle, sauf quand il devient sérieux…

Reportages

Interview : Romain Clergeat

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C’est par hasard qu’on tombe sur l’annonce de son nouveau spectacle. Au détour d’une page sur Internet. Aucune affiche dans ­Paris ni aucun article n’en avait parlé. La radio et la télé non plus. Depuis l’épisode du «parrainage Le Pen», les choses ont changé et la promotion est bien ­assurée. Dieudonné s’en amuse désormais sur scène dans un sketch où il ­explique qu’il a trouvé cette idée pour sortir de son black-out médiatique. C’est un peu toujours le même problème avec lui. Il fait le miel de son humour avec ce qu’il accomplit ou dit de pire, mais en sketch, c’est toujours très drôle.
Des confrères humoristes reconnaissent d’ailleurs que, «malgré tout», Dieudonné est sans doute le meilleur d’entre eux. Au gré de ses déclarations à l’emporte-pièce, sans grande cohérence, ou de son «rapprochement» avec Jean-Marie Le Pen, ses ultimes défenseurs sont aujourd’hui cois. Pourtant, si on a un minimum d’honnêteté intellectuelle, on doit reconnaître que Dieudonné reste sur scène un des comiques les plus drôles, tant dans le fond que dans la forme. Dans son dernier spectacle, «J’ai fait l’con», il dresse une nouvelle galerie de portraits quasiment tous à hurler de rire. D’un Colin Powell venu présenter les preuves des armes de destruction massive irakienne à l’Onu en passant par des enfants de serial killers encore plus dingues que leurs parents jusqu’à un dictateur africain se contenant pour ne pas faire exécuter la journaliste venue l’interviewer avec insolence… Et quand cela ne prête pas à rire, c’est encore juste. Comme la chanson de fin où, sur un air à la Nougaro, il raconte l’histoire d’un kamikaze palestinien sur le point de se faire sauter. «J’ai fait l’con» démarre avec l’histoire d’une Pygmée allaitant son enfant mort. Pas de quoi faire rire a priori. Dieudonné y parvient. Dans le paysage pourtant très encombré des humoristes, avec un tel sujet, il est sûrement le seul.
Paris Match. Vous vous produisez discrètement dans votre propre théâtre de 200 places. Ce n’est pas un choix, j’imagine…
Dieudonné. Je me suis mis dans une situation où je dois produire un nouveau spectacle tous les ans. Cela permet de se renouveler. Mon black-out médiatique, je ne m’en plains pas ni ne m’en félicite. Quoique. Je prends ça un peu comme une décoration. Je n’ai pas de producteur, pas d’attachée de presse. J’ai refusé le système de la promo télé même si j’en ai fait. Entre moi et le public, il n’y a pas de filtre. Nougaro me disait : “Tu es esclave de ta liberté.” Je vis confortablement de ce métier, mais je ne suis pas un bourgeois de l’humour et je n’ai pas d’ambitions sérieuses. Je ne m’engagerai plus dans l’univers politique tant que je ferai ma carrière d’artiste.
Beaucoup de vos collègues, qui vous considèrent comme un des meilleurs humoristes, ne le crient pourtant pas sur les toits. Ça vous déçoit ?
En France, il y a plein d’artistes qui viennent me voir, mais ils n’en parlent pas, en effet. Je ne veux pas plaire à tout le monde, mais pas non plus à personne. J’ai été un humoriste choyé, et maintenant je suis le vilain de l’“axe du mal”. Actuellement, je suis dans un coin, mais tout est histoire de temps. Coluche, aujourd’hui un saint, fut à une époque aussi un paria. Et c’est un de mes modèles, Coluche. Il fallait ces étapes pour ma propre compréhension du monde et de moi-même. J’ai un parcours atypique, c’est sûr. Ce qui s’est passé autour de moi a provoqué des reproches, des rejets, mais ça se retourne finalement en curiosité. Je suis assez serein sur l’avenir, en fait.
Au bout du compte, vous n’éprouvez pas de ­regrets de vous être mis dans cette situation où hier vous jouiez au Zénith et désormais devant 200 personnes ?
Des regrets ? Si j’ai pu blesser des personnes par mes interventions, je m’en suis toujours excusé. Mais regretter, non, car cela signifierait que j’ai cherché à faire du mal, à blesser, à inciter volontairement à la haine. Ça non, je n’ai jamais fait ça. On peut se tromper, mais si on le fait sincèrement… J’aime aller chercher le rire sur les nœuds, dans les tabous. L’humour qui me touche, c’est celui qui fait mal. Dans mon nouveau spectacle, je parle des Pygmées, de cette femme qui allaite son enfant mort et que j’ai vu de mes propres yeux au Cameroun. C’est cet humour qui m’intéresse. Le mien je vais le chercher au plus profond de la noirceur. Il faut bien vivre, et donc il faut rire.
Vous me parlez de votre humour, mais ce qui a choqué beaucoup de monde, ce ne sont pas vos spectacles mais au contraire vos propos sérieux.
L’humour est quelque chose de très sérieux. Aimé Césaire, un homme qui vraiment m’inspirait, me disait : “Rire avec la souffrance nègre, vous allez déranger beaucoup de monde.” Je me sens comme un prêtre de l’humour car je ne crois pas au monde dans lequel je vis. Etre invité le dimanche après-midi chez Michel Drucker ou élire Sarkozy, pour moi c’est pareil : ça n’a pas de sens. Je veux installer le rire là où il n’y a plus de solutions. Je trouve que c’est plus amusant qu’un humoriste fasse le sérieux. Il n’y a pas de limite dans l’humour : plus c’est ­sérieux, plus c’est drôle.
Quelle est l’explication de ce baptême avec Jean-Marie Le Pen ?
Chaque soir, sur scène, je donne une réponse très claire. Il faut d’abord me prendre comme un humoriste, mais étant donné que l’humour est sérieux, il peut y avoir méprise. Mon fils qui vient de naître s’appelle Judas. Ça a provoqué des débats dans la famille…
Donc ce baptême, c’est de la pure provocation ?
Vous me parlez d’une rumeur.
Une rumeur ? Mais il existe des photos que nous avons vues !
Je n’ai pas connaissance de photos. Mes quatre autres enfants ne sont pas baptisés, et aujourd’hui il y a la rumeur qu’un de mes enfants l’a été.
Ce baptême, c’est un outil de promotion ?
Je ne passe pas dans les médias et chacun doit s’adapter. Je fais la com du spectacle avec les moyens dont je dispose. Je ne passe pas sur le service public, ni sur le privé évidemment. Mais ça me pousse à être créatif. Deux cent mille personnes ont visionné mon sketch sur Internet et ça va me permettre de jouer le spectacle jusqu’à la fin de l’année ; on rira avec les gens, ce qui est l’essentiel au bout du compte.
Oui mais c’est un sketch. Dans la réalité, Jean-Marie Le Pen est-il devenu ­votre ami ?
Vous ne pouvez pas écrire ça. Nous sommes tous deux bretons, nous avons des sujets de discussion même si nous sommes politiquement à l’opposé. Il évolue dans un univers politique qui n’est pas le mien. Mais c’est quelqu’un qui n’a pas peur de la provocation. C’est la personne qui collait le mieux au titre du spectacle que je joue : « J’ai fait l’con”.

Elie-Dieudo, le retour ?« Avec Elie, je suis sûr qu’on refera un truc ensemble. Il ne faut pas qu’il soit gêné vis-à-vis de moi. Mais je l’ai rarement senti aussi près de tenter un truc ensemble. » Conviction sans doute renforcée par le fait qu’Elie Semoun, venu voir son spectacle le 14 juin, en avait profité pour monter quelques minutes sur scène. Mais c’était avant l’épisode « Le Pen ». Depuis, Elie Semoun a mis les choses au clair et la reformation n’est pas pour demain. « Dieudo se trompe. Je ne monterai pas sur scène avec lui. C’est trop empoisonné et surtout trop raciste. J’ai fait une erreur en y remontant quelques minutes. C’était une pulsion pour rire mais, naïvement, je ne pensais pas aux conséquences. » D’autant qu’Elie joue actuellement dans un film produit par Arthur qui vient lui-même de perdre un procès en diffamation que lui avait intenté Dieudonné…