Affaire « Gang des barbares » : entre justice et lynchage judiciaire, raison et démesure

Dans la presse, il nous est rapporté au sujet de cette affaire :

«… l’avocat général prenant la parole au nom de l’Etat a demandé les peines suivantes pour chacun des participants : la sanction la plus lourde contre Youssouf Fofana ; perpétuité assortie d’une période de sûreté incompressible de 22 ans. Des peines de 20 ans contre deux personnes soupçonnées d’avoir été ses deux principaux lieutenants. Pour «l’appât» Yalda et le présumé tortionnaire «Zigo», tous deux mineurs au moment des faits, de peines allant de 10 à 12 ans pour la jeune femme et de 15 ans pour le jeune homme ont été demandées par l’avocat général. Pour les autres geôliers d’Ilan Halimi, les peines demandées s’échelonnent entre 13 et 5 ans ».

Il nous est aussi précisé :

« Ces peines réclamées n’ont pas apporté satisfaction aux parties civiles. Me Francis Szpiner affiche sa mine des plus mauvais jours : «Je suis scandalisé», a-t-il dit. «Si le point de vue du ministère public n’est pas à la hauteur de la gravité de ce crime, c’est quelque part une banalisation de ce crime», a-t-il poursuivi. «L’avocat général a donné l’image d’un Etat faible qui n’a pas de courage et ne sait pas être exemplaire».

                                 ***

Depuis quand est-ce que l’on juge pour l’exemple ?

Qui peut demander que Yalda dit « l’appât », encore adolescente au moment des faits, soit condamnée à perpétuité ? Qui peut bien penser que la condamnation à perpétuité d’un(e) adolescent(e) ait sa place dans un prétoire ? Qui peut bien espérer qu’une telle condamnation puisse être envisageable ? Qui peut bien avoir la cruauté ou l’ignorance d’un pareil châtiment ?

Dans cette affaire, il semblerait que les parties civiles n’en aient jamais assez, qu’elles aient perdu tout sens de la mesure, et que la raison ait déserté ces mêmes parties civiles représentées par des hommes et des femmes de loi qui semblent confondre « justice rendue » avec « règlement de comptes » du type « œil pour œil, dent pour dent », lynchage juridique (à défaut de celui de la rue ?!), vengeance, haine…

Quant à l’article de Monsieur Alexandre Lévy du jeudi 2 juillet 2009 dans Slate.fr – article de journaliste ou bien, plaidoyer ? -, et son titre qui ne se prive pas de faire référence à la Shoah : « L’ombre de la Shoah sur le procès du gang des barbares »…

Combien de temps encore va-t-on mettre à toutes les sauces ce crime qu’il serait bon de continuer de désigner exclusivement et spécifiquement comme étant « l’organisation par l’État et le régime nazi et ses collaborateurs, de la persécution et de l’extermination systématique, et bureaucratique, d’environ six millions de Juifs. »

Et que dire de l’accusation d’antisémitisme, le plus souvent sans discernement, à longueur de colonnes, ici et là ?

Banaliser l’antisémitisme c’est discréditer la lutte contre l’antisémitisme ; discréditer cette lutte c’est commettre une erreur irréparable et une faute impardonnable.

                                  ***

Aussi, on ne peut qu’espérer que les jurés ne se laisseront pas intimider, et que justice sera effectivement rendue mais… certainement pas pour l’exemple !

Une justice donc, loin d’un verdict qui se contenterait de donner raison aux parties civiles en leur livrant les coupables.

Source: ICI

 

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Une Réponse

  1. tous savoir sur tiffen gouret

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