Dieudonné calme le jeu !

Dieudonné était hier au Laughter Lounge à Dublin pour deux représentations de son nouveau spectacle « Sandrine ». Un show qui se veut apolitique. Avec guitare et pâquerettes sur scène, l’artiste parle de violences conjugales et de passion… mais revient aussi régulièrement sur son propre parcours. L’humoriste a bien voulu répondre à nos questions

(Photo lepetitjournal.com)

Lepetitjournal : C’est la deuxième fois que vous vous produisez à Dublin ? C’est une expérience qui vous plait ?


Dieudonné : C’est une idée de l’organisateur de venir en Irlande. L’année dernière nous avons pu tester le public français à Dublin au Button Factory. Le spectacle a été un succès. Et aujourd’hui ils sont de nouveau au rendez-vous. Ensuite nous allons pour la première fois  à Londres, le 10 avril. Ici, il a fallu s’adapter à la salle du Laughter Lounge qui est un peu « roots ».  On n’est pas dans un contexte de théâtre mais c’est intéressant aussi. J’aime bien changer et m’adapter. Mais j’aime bien être prévenu ! On est plus dans une ambiance de stand up comedy à l’Américaine, ce qui est nouveau pour moi. J’aime bien. C’est un autre état d’esprit. On est arrivé ici mais on n’a pas eu le temps de prendre nos marques. Il y a donc moins d’effets. Normalement il y a trente projecteurs, là il y en a quatre. Le son n’est pas le même. On part dans une forme de show plus direct.

L’accueil des français de l’étranger est différent ?


Non, c’est le même. Que ce soit à Montréal, à Bruxelles, à Genève, à Beyrouth, à Damas, et bientôt la Chine, là où la communauté française est importante. J’ai joué dans pas mal d’endroits. J’aime bien. Ca me permet de voyager et d’alimenter mon inspiration d’auteur. Et de voir la réalité d’un pays et de ressentir les choses avec plus de recul, par rapport à ce que disent les médias. Il y a aussi des tabous et des interdits dans chaque société. Dans chaque pays, on n’a pas le droit de parler de ça ou ça. Je me demande si il existe un endroit où on peut parler de tout !

Vous vous adaptez dans ce cas ?


Non, je parle de tout. Certains amis me disent de ne pas faire certains sketches. Ils sont tous gênés de se présenter en censeur. C’est ça la censure. La plus grosse des censures, c’est l’autocensure. C’est quand on commence à se poser des questions. Je n’ai plus l’âge de l’autocensure. Je vais continuer. C’est un parcours difficile parfois. Sur un plan économique, c’est plus facile quand on est cadré. La plupart des humoristes avec qui j’ai commencé sont confortablement installés, à la fois financièrement et à la fois dans le cadre qu’ils se sont imposés. Je n’ai pas trop envie de faire ça.

(photo lepetitjournal.com)

Qu’est-ce qui vous inspire en ce moment ?


L’Afrique et le Moyen Orient car j’y vais régulièrement. Je vais produire deux films : l’un sur la traite négrière et l’autre un western chiite. Ce sont des expériences qui m’amusent. En France, j’attends 2012, le changement. Je crois au changement de société. Pas une révolution, mais un autre projet de société. J’entends au niveau culturel et de l’humour, c’est une catastrophe aujourd’hui, on ne peut plus parler et on ne peut rien critiquer.

Vos tournées sont régulièrement annulées ?


De nombreuses mairies s’opposent à mon spectacle. Les salles réservées annulent pour des raisons diverses. Ca coûte cher mais on se débrouille. On apprend à se battre avec les moyens qu’on a. On est opposés à des politiques. Eux mêmes n’ont pas que des amis. Il faut comprendre comment ça fonctionne dans la stratégie politique interne pour apprendre comment certaines personnes peuvent nous aider. Cela revient finalement à faire de la politique soi-même. C’est comme ça que j’y suis arrivé, par la censure.

Quels sont vos projets ?


J’ai mon autocar que je viens d’acheter. J’aurais même pu venir à Dublin en autocar ! Il y a 70 places. C’est très efficace. Ca marche bien. On peut se garer où on veut. On est complètement indépendant, de tout service culturel, des mairies.

Vous prendrez le temps de visiter Dublin ?


Non, pas encore cette fois. J’ai visité un peu la ville en une journée. Ce que j’ai vu sur le plan architectural n’a pas grand intérêt. C’est pas très beau. On se croirait au Canada. Par contre, en survolant, cela m’a donné envie d’aller voir ce qu’il y a plus loin, la nature. Ce pays est connu pour ça. Alors je reviendrai peut-être avec ma famille. Louer une voiture ou un camping car et visiter l’Irlande.

Propos recueillis par Stéphanie Taranne-Griffith et Catherine Legras (www.lepetitjournal.com/dublin ) lundi 15 mars 2010

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2 Réponses

  1. et blablabla et blablabla çà c’est le show de M’bala M’bala….

    Heureusement qu’il parle de sa relation conjugale avec passion….dans l’fion!!!!!!

    salut l’artiste et merci HEIN ???

  2. A Michèle,
    T’as mal ou? Tu sais que ca peut se soigner.

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