Les talibans sont-ils des juifs ?

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Le peuple le plus violent au monde serait parent avec les musulmans les plus violents. C’est héréditaire, dit. D’ailleurs, les fouteurs de merde depuis la nuit des temps, ici ou là, ont toujours eu les mêmes accointances.

« L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes. »

(Bertrand Russell)

De quoi « les Juifs » sont-ils le nom ? S’agit-il d’un peuple, d’une nation, d’une communauté, d’une secte, d’une nationalité, d’une religion, d’une race, d’une culture, d’une ethnie, d’un amalgame de tout cela sous forme de caste, ou encore d’autre chose ? « Si peuple juif il y a, il n’existe pas d’autre peuple du même type que lui », notait Raymond Aron dans ses Mémoires.(1) « Une école, un peuple, une religion ou encore autre chose », s’interrogeait Jean-Michel Salanskis (2)

Pour l’histoire, la Stèle de Mérenptah (découverte en 1896) est le seul indice de l’indication des Israélites en Egypte. Cette stèle de granit gris, qui mesure 3,18 mètres de haut sur 1,61 mètre de large et 31 centimètres d’épaisseur, fut érigée par Aménophis III. Mérenptah, treizième fils et successeur de Ramsès II, en utilisa le verso pour faire inscrire, à la date du troisième jour du troisième mois de chémou (l’été) de l’an 5 de Mérenptah, un hymne à sa personne et commémorer sa campagne militaire victorieuse de l’an 5 (vers -1210) en Libye et au pays de Canaan. La stèle est particulièrement connue pour contenir, dans la strophe finale, la première mention supposée d’Israël (ou plutôt, des Israélites) hors contexte biblique, c’est également la seule mention d’Israël connue dans les textes égyptiens. La mention d’Israël se trouve à la 27e ligne (l’avant-dernière), dans une liste des peuples de Canaan vaincus par Mérenptah. Il ne s’agit donc pas de la mention d’un Etat ni d’une ville, mais plutôt d’un peuple cananéen qu’on identifie généralement aux proto-Israélites. On le voit, le récit biblique de la traversée de la mer Rouge ne tient pas la route.(3)

Remise en cause

L’autre secousse dans le consensus pour le peuple élu est venue de la part de scientifiques qui ont fait la part du réel et celle du récit imaginaire du récit, du mythe fondateur. En effet, l’archéologie utilisant les plus récentes méthodes de datation au carbone 14 associées à la spectrométrie, a permis la publication d’un ouvrage de référence : « La Bible dévoilée, qui est un ouvrage de synthèse de l’archéologue Israël Finkelstein et de l’historien et archéologue Neil Asher Silberman. Il en a résulté une remise en question de l’historicité d’une grande part des récits bibliques, notamment sur l’origine des anciens Israélites, l’exode et la conquête de Canaan, ainsi que sur les royaumes unifiés de David et Salomon. (…) Les auteurs reprochent aux premiers archéologues, à partir de 1900, tels William F. Albright, de n’avoir recherché en chaque découverte qu’une illustration du texte biblique, et d’avoir pris les récits historiques de la Bible à la lettre : On a appelé cette façon de faire l’archéologie biblique.(4)

Pour Tom Segev, historien et politologue et une des plumes les plus libres d’Israël, qui rapporte une étude du professeur Sand : « La Déclaration d’indépendance d’Israël » dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C… La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu – il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejettera la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël, affirme-t-il. »(5)

Selon Sand, les Romains n’ont généralement pas exilé des nations entières, et la plupart des Juifs ont été autorisés à rester dans le pays. Le nombre de ces exilés a été tout au plus de quelques dizaines de milliers. Lorsque le pays a été conquis par les Arabes, beaucoup de Juifs se sont convertis à l’Islam et ont été assimilés parmi les conquérants. Il s’ensuit que les ancêtres des Arabes palestiniens étaient des Juifs. Sand n’a pas inventé cette thèse, 30 ans avant la Déclaration d’indépendance, celle-ci a été endossée par David Ben Gourion, Yitzhak Ben-Zvi et d’autres. Selon Sand, le besoin des Sionistes de s’inventer une ethnicité partagé et une continuité historique a produit une longue série d’inventions et de fictions, ainsi que le recours à des thèses racistes. Certaines ont été concoctées dans l’esprit de ceux qui ont conçu le mouvement sioniste, tandis que d’autres ont été présentées comme les conclusions d’études génétiques menées en Israël (5).

Dans une interview donnée au quotidien, L’Économiste, Schlomo Sand déclare aussi : « Il était plus logique de créer un Etat juif en Europe. Les Palestiniens n’étaient pas coupables de ce que les Européens ont fait. Si quelqu’un avait dû payer le prix de la tragédie, ça aurait dû être les Européens, et évidemment les Allemands. » L’écrivain dénonce l’idéologie sur laquelle se fonde l’Etat d’Israël. La notion de peuple juif a été inventée, selon lui. Dans son ouvrage, Sand remet en cause la légitimité historique de la « nation juive israélienne », mais invite les peuples arabes à reconnaître l’Etat d’Israël, comme condition sine qua non pour avancer…« Tout le monde croit que le peuple juif a été inventé il y a 20.000 ans. En réalité, des communautés religieuses juives existent depuis des milliers d’années. Mais le peuple juif a été inventé depuis 150 ans à peine. Et je pense que l’expression « peuple juif » n’est pas juste » (6) .

Le mot peuple contient une connotation de propriété sur une terre. Or, je ne crois pas qu’il y a 500 ans, les Juifs de Londres et ceux de Marrakech avaient des pratiques, des normes culturelles communes. Ils avaient en commun une foi et des rituels religieux. Mais si les seules affinités entre des groupes humains sont de nature religieuse, j’appelle cela une communauté ou une secte religieuse et non un peuple »(6).

A la question : « D’où viennent les Juifs ? » Schlomo Sand répond : « Tout le monde pense que l’exil du peuple juif est l’élément fondateur de l’histoire du judaïsme, de la diaspora. Au cours de mes recherches, j’ai découvert que c’est dans le patrimoine spirituel chrétien que le mythe du déracinement et de l’expulsion a été entretenu, avant d’infiltrer plus tard la tradition juive. En réalité, les Juifs ne sont pas tous issus du grand exil de l’an 70, mais proviennent au contraire d’origines plus diverses. Vous savez, la majorité des Israéliens croient que, génétiquement, ils sont de la même origine. C’est une victoire de Hitler, qui a insufflé la croyance que tous les Juifs sont de la même race. Mais c’est faux. Ils n’ont pas tous la même origine, ni la même souche. Ce sont des Berbères, des Arabes, des Gaulois, etc. Je pense que ceux qui ont voulu façonner une nation juive israélienne ont commencé par réfléchir sur le passé, en l’instrumentalisant pour faire émerger une dimension de continuité » (6).

« Dans le cas du sionisme, il fallait s’investir lourdement pour acquérir une terre qui appartenait à un autre peuple. Il fallait une histoire forte, une légitimité historique. En tant que citoyen israélien, je trouve absurde que quelqu’un qui était sur une terre il y a deux mille ans puisse prétendre avoir des droits historiques sur cette même terre. Ou alors il faudrait faire sortir tous les Blancs des Etats-Unis, faire rentrer les Arabes en Espagne… D’un point de vue politique cependant, ce livre n’est pas très radical. Je n’essaie pas de détruire l’Etat d’Israël. J’affirme que la légitimité idéologique et historique sur laquelle se fonde aujourd’hui l’existence d’Israël est fausse. J’essaie d’être un historien, mais je suis aussi un citoyen qui pense politiquement. D’un point de vue historique, je dis : non, il n’y a pas de droit historique des Juifs sur la terre de Palestine, qu’ils soient de Jérusalem ou d’ailleurs. Mais je dis aussi, d’un point de vue plus politique : vous ne pouvez réparer une tragédie en créant une autre tragédie. Nier l’existence d’Israël, cela veut dire préparer une nouvelle tragédie pour les Juifs israéliens. Il y a des processus historiques que l’on ne peut pas changer. Je m’oppose à toute l’occupation des territoires palestiniens. Je suis d’accord pour bâtir un Etat palestinien vraiment indépendant à côté d’Israël. Mais parallèlement, je voudrais faire de l’Etat d’Israël une vraie démocratie pour tous ses citoyens, sans distinction ni de religion, ni d’origine, ni de sexe. »(6)

« Considérer l’Etat d’Israël comme un Etat juif serait catastrophique. Ce serait comme réduire la France à un Etat catholique. Mais il faut savoir que la reconnaissance de l’Etat d’Israël est une condition sine qua non pour avancer dans la région. A la question : « Que pensez-vous de la décision de l’ONU de créer l’Etat d’Israël en 1947 ? ». Il répond : « Il était plus logique de créer un Etat juif en Europe. Les Palestiniens n’étaient pas coupables de ce que les Européens ont fait. Si quelqu’un avait dû payer le prix de la tragédie, ça aurait dû être les Européens, et évidemment les Allemands. Mais pas les Palestiniens. Par ailleurs, le partage n’était pas équitable. Les Arabes étaient 1,3 million et les Juifs 630.000, or, la terre a été divisée moitié-moitié. Aujourd’hui, les Palestiniens ont moins de 22% du territoire. L’idée d’un Etat binational est, à mon avis, idiote parce que retirer Israël des territoires occupés peut se faire par force, mais pour créer un Etat binational, il faut le consensus de deux sociétés. Ce n’est pas possible aujourd’hui. Ni l’une ni l’autre ne serait d’accord. A l’avenir, j’espère que les Arabes et les Israéliens pourront vivre ensemble, en symbiose. Mais pour le moment, je voudrais que l’Arabe israélien devienne un plein citoyen. Et j’espère qu’il y aura un président à moitié juif et à moitié arabe en Israël. Il faut qu’Israël accepte le principe d’Etat palestinien, qu’il arrache toutes les colonies, qu’il donne des bonnes terres aux Palestiniens dans les frontières de 1967. Jérusalem doit devenir la capitale des deux peuples. Il faut reconnaître le tort fait aux Palestiniens et indemniser les réfugiés et leurs enfants. Cependant, je mets en doute le droit de retour des réfugiés palestiniens, car la plupart des maisons ont été détruites, et il est impossible économiquement qu’un petit territoire puisse accueillir 6 millions de personnes en même temps. Il faudrait quand même accepter une partie des réfugiés, surtout ceux vivant au Liban. »(6)

A la recherche des origines

Depuis sa création, Israël n’a de cesse d’être à la recherche de ses origines. Après, les Askenazes, les Séfarades d’Afrique du Nord et les Falachas, voilà qu’Israël s’intéresse aux taliban ! « Les taliban, écrit Marie-France Calle, sont peut-être juifs… Du moins d’origine juive. C’est – en raccourci – ce que tente de vérifier le gouvernement d’Israël. Le ministère israélien des Affaires étrangères a décidé de financer des recherches visant à établir pour de bon si oui ou non, les Pachtouns (ethnie dont sont issus les taliban) descendent bien de l’une des dix tribus perdues d’Israël. Et c’est en Inde que s’effectueront ces recherches. Pour une raison évidente : elles sont impossibles à mener en Afghanistan et au Pakistan. On le sait depuis longtemps, les Pachtouns – ou Pathans – qui peuplent essentiellement le sud et le sud-est de l’Afghanistan et l’ouest et le nord-ouest du Pakistan seraient des descendants de l’une des tribus perdues d’Israël. Similitudes dans les rites, les vêtements, les traditions familiales, culinaires… tout porte à croire que les Pachtouns ont des ancêtres juifs. Une aubaine pour les scientifiques qui tentent d’établir la véracité de l’origine israélite des Pachtouns. Ils peuvent travailler tranquillement au nord de l’Inde, à Lucknow, la capitale de l’Uttar Pradesh ».(7)

Le ministère israélien des Affaires étrangères a néanmoins décidé de financer les recherches d’une généticienne indienne, Shahnaz Ali, pour tirer l’affaire au clair, rapporte le Times of India.. Elle est accueillie à l’Institut Technion de Haifa, où elle devrait mener à bien ses travaux. Qu’espère Israël avec une telle démarche ? (7)

Qui sont ces Pathans auxquels appartiennent les Talibans ? Les « Pathans » sont des montagnards formant une tribu afghane à cheval sur trois pays : l’Afghanistan du Sud et de l’Est, le Pakistan du Nord et le Kashmir occidental indien. Les Pathans ont gardé des coutumes ancestrales particulières. Ils portent la barbe et laissent pousser des papillottes. Ils circoncisent leurs fils à 8 jours (et non à 12 ans comme les autres tribus musulmanes). Les femmes observent des règles particulières de pureté calquées sur celles de la Torah, avec immersions dans la rivière. Leur système légal coutumier, appelé « Pashtounwali », est inspiré de la Torah qui est respectée et appelée « Tawrat al Sharif », al Sharif étant Moïse. Les Anglais qui les ont administrés pendant des décennies les appelaient « Les Juifs » ! La langue pashtoune serait truffée de mots en hébreu, ne serait-ce que Kaboul (comme une pierre brute) ou le lieu-dit « Tora Bora » (il créa la Torah). Il est à prévoir si cette filiation venait à être prouvée, que les taliban apostases de la religion musulmane, qui feraient leur « Alya » vers Israël, continueraient leur étude dans des madrasas judaïques….

Depuis quelque temps, les dirigeants israéliens multiplient les pressions et déclarations visant à faire d’Israël la patrie du peuple juif. Ce vocable d’Etat du peuple juif- lourd de signification et de danger pour les Palestiniens- commence à faire son chemin dans l’imaginaire occidental qui n’a pas de réticence à l’admettre au nom de la dette éternelle à la fois pécuniaire et morale. Les groupes sionistes dont l’idéologie est raciste prennent comme bouclier le Judaïsme et, afin de « protéger » l’Etat d’Israël et de masquer ses violations du Droit international, traitent d’antisémites tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique de cet Etat dont les gouvernants pratiquent manifestement l’apartheid envers la population palestinienne. Shlomo Sand s’étonne pourtant qu’aujourd’hui, les mythes fondateurs juifs continuent à être considérés comme absolument véridiques tandis que les autres mythes fondateurs ont été déconstruits les uns après les autres et sont désormais classés au rang de constructions intellectuelles.

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu .dz

1.Raymond Aron : Mémoires (chapitre XIX).

2.Jean-Michel Salanskis : Extermination, loi, Israël. analyse du fait juif, Paris : Les Belles Lettres, 2003.

3.La stèle de Mérenptah :http://www.eternalegypt.org

4.Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman La Bible dévoilée Wikipédia, l’encyclopédie libre.

5.Tom Segev : Le « peuple juif » : une invention, traduit par Fausto Giudice Alterinfo.net le 10 mars. Haaretz Article original publié le 1er Mars 2008

6.Nadia Belkhayat Interview de Schlomo Sand : Shlomo Sand : « Il était plus logique de créer un Etat juif en Europe » http://www.leconomiste.com/article….

7.Marie-France Calle : Et si les taliban étaient juifs ? Le Figaro13 janvier 2010


 

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4 Réponses

  1. D’ailleurs, les fouteurs de merde depuis la nuit des temps, ici ou là, ont toujours eu les mêmes accointances.

    Alors vous êtes Juif ! Schalom

  2. Je vous remercie pour l’intérêt constant que vous portez au peuple Juif et je vous soumets plusieurs éléments de réflexion.

    Diaspora pré-romaine [
    Après le renversement en -587 du royaume de Juda, et la déportation d’un nombre considérable d’habitants vers les vallées de l’Euphrate, le peuple juif se concentrait en deux points : Babylone et la Terre d’Israël.

    Bien qu’une majorité du peuple juif, spécialement les plus riches, se trouvât à Babylone, son existence y fut difficile sous les règnes des Achéménides, des Séleucides, des Parthes, des néo-Perses et des Sassanides. Les plus pauvres ainsi que les plus fervents parmi les exilés sont retournés en Terre d’Israël pendant le règne d’Achéménès. Avec la reconstruction du Temple de Jérusalem, ils s’organisent en une communauté animée par des personnalités religieuses attachées à la Torah et à la prise de conscience de l’identité juive.

    Après de nombreux aléas, spécialement les problèmes au sein de la dynastie des Séleucides d’une part, et le soutien intéressé des Romains d’autre part, la cause de l’indépendance triompha finalement. Sous le règne des Hasmonéens, l’état juif atteint une certaine dimension et annexe quelques territoires. Cependant, les discordes au sein de la famille royale et l’amplification de la désaffection des pieux, l’âme de la nation, en faveur des dirigeants, ont fait de l’état juif une proie facile pour l’Empire romain. En -63, Pompée envahit Jérusalem et Gabinius assujettit les Juifs au tribut.

    Populations de la première diaspora [modifier]
    Durant le IIe siècle av. J.-C., les auteurs du troisième livre de l’Oracula Sibyllina s’adressent au « peuple élu » en disant : « Chaque pays et chaque mer également en est rempli ». Des témoins divers comme Strabon, Philon d’Alexandrie, Sénèque et Yosef Ben Matthias, plus connu sous son nom latinisé de Flavius Josèphe, témoignent du fait que les Juifs étaient déjà disséminés dans le monde connu[1].

    La prise de Jérusalem par Pompée en 63 av EC entraîne l’envoi en esclavage de nombreux prisonniers à Rome[2]. C’est l’élément fondateur de la Diaspora en Occident.

    Le roi Hérode Agrippa Ier, dans une lettre à Caligula, énumère parmi les provinces de la diaspora juive presque tous les pays grecs et non grecs de l’Orient ; et cette énumération est loin d’être complète car l’Italie et Cyrène n’y sont pas mentionnées. Des découvertes épigraphiques augmentent d’année en année le nombre de communautés juives connues. Il n’y a que peu d’informations à propos du nombre précis de ces communautés juives, et elles doivent être employées avec précaution. Après la Terre d’Israël et Babylone, c’est en Syrie que selon Yosef Ben Matthias la population juive était la plus dense ; particulièrement à Antioche et ensuite à Damas, où à l’époque de la grande insurrection, 10 000 à 18 000 Juifs furent massacrés. Philon d’Alexandrie avance le chiffre de 1 000 000 de Juifs habitant en Égypte, soit un huitième de la population. Alexandrie y était de loin la plus importante communauté, où les Juifs étaient installés dans deux des cinq quartiers de la ville. D’après le nombre de personnes massacrées en 115, le nombre d’habitants juifs de Cyrénaïque, de Chypre et de Mésopotamie devait aussi être important. À Rome, au commencement du règne d’Auguste, on comptait plus de 8 000 Juifs. Enfin, les montants confisqués par le propréteur Flaccus en 62, représentant les impôts, font croire qu’au moins 45 000 hommes, ou un total d’au moins 180 000 Juifs vivaient en Asie mineure.

    Deuxième diaspora
    La destruction de la Judée

    Synagogues de la diaspora attestées aux deux premiers siècles.Article détaillé : Première guerre judéo-romaine.
    Le domination romaine continue jusqu’à la révolte qui dure de 66 à 70 et se conclut par la prise de Jérusalem et la destruction du Temple, le centre de la vie nationale et religieuse des Juifs du monde entier. Après cette catastrophe, la Judée devient une des provinces impériale de l’Empire romain, gouvernée par un légat propréteur (ensuite de rang consulaire) et qui était aussi le commandant des armées romaines occupant le pays. Malgré la destruction de Jérusalem, décrite par Flavius Josèphe dans son ouvrage, la Guerre des Juifs, les Juifs se révoltent à nouveau vainement sous Trajan puis pendant le règne d’Hadrien en 133, sous la direction de Bar Kokhba.

    Article détaillé : Révolte de Bar Kokhba.
    L’indépendance durera de 133 à 135. Depuis cette période, en dépit de quelques mouvements sans importance sous Marc Aurèle et sous Septime Sévère, les Juifs de Palestine, réduits en nombre, destitués et défaits, perdirent leur prépondérance dans le monde juif. Jérusalem est devenue ensuite sous le nom de Ælia Capitolina, une colonie romaine entièrement païenne où l’accès était interdit aux Juifs sous peine de mort.

    Article détaillé : Histoire des Juifs en terre d’Israël.
    La dispersion des Juifs [modifier]
    La guerre menée en Judée par Titus joua un rôle important lors de la dispersion du peuple juif à travers le monde[3]. Mais l’événément capital pour le judaïsme est la destruction du Temple qui transfère de facto l’autorité religieuse des grands-prêtres du Temple aux rabbins.

    Certains Juifs furent vendus comme esclaves et déplacés, d’autres rejoignirent les diasporas existantes, pendant que d’autres commencèrent à travailler sur le Talmud. Ces derniers étaient alors généralement acceptés au sein de l’empire romain, mais avec la montée du Christianisme, de nouvelles restrictions apparurent. [réf. nécessaire]

    Durant le Moyen Âge, les Juifs se répartirent en groupes distincts. On les divise communément aujourd’hui en deux grands groupes : les Ashkénazes du nord et de l’est de l’Europe et les Séfarades de la péninsule Ibérique et du bassin méditerranéen. Ces deux groupes partagent une série d’histoires parallèles de persécutions et d’expulsions. De nombreux Juifs rejoignirent la terre d’Israël au XXe siècle.

    Communautés juives de la Diaspora [modifier]
    Les Juifs ont occupé des territoires importants à travers l’Ancien puis le Nouveau Monde, et existent depuis le Ier millénaire avant l’ère commune. Des cultures juives extrêmement diversifiées ont donc existé, s’exprimant dans de nombreuses langues.

    Souvent très autonomes, ces groupes ont cependant correspondu entre eux, permettant le maintien d’une identité juive relativement stable. Le rituel séfarade s’est ainsi répandu à partir d’Espagne à travers tout le bassin méditerranéen, tandis que les Juifs de Cochin (Inde) faisaient traditionnellement venir leurs livres saints du Yémen.

    Les communautés vraiment isolées, comme les juifs de Chine, les Bene Israël de Bombay (Inde) ou les Falashas d’Éthiopie ont fini par s’assimiler totalement (juifs de Chine), assez largement (Bene Israël), ou par développer des formes religieuses très particulières (Falashas).

    Sans être exhaustif, on peut cependant citer de grands ensembles culturels, autonomes mais plus ou moins inter-connectés.

    Les communautés juives hellénisées [modifier]
    Celles-ci sont apparues avec l’expansion de la culture hellénistique à travers le Moyen-Orient à la suite des conquêtes d’Alexandre le Grand. Elles étaient particulièrement nombreuses à Alexandrie et Eléphantine en Égypte, ainsi qu’en Grèce ou en Anatolie. La civilisation hellène avait également pénétré la terre d’Israël (cf. Livres des Macchabées), entraînant parfois des relations conflictuelles avec les Juifs non hellénisés[4].

    Leur influence sur la naissance du christianisme primitif est importante. Elles lui ont donné leur version de la Bible, la Septante (différente de la Bible hébraïque actuelle), laquelle servira de base à la Bible catholique. Leur théologie, mariant tradition juive et philosophie grecque, a également influencé les premiers théologiens chrétiens.

    Après la disparition des Juifs hellénisés (convertis au christianisme ou réabsorbés par le judaïsme orthodoxe), des Juifs de culture grecque ont cependant continué à exister jusqu’au XXe siècle, à travers les Romaniotes du sud des Balkans, ayant adopté le rituel séfarade.
    En effet, la Grèce, principalement Rhodes et la Thessalonique fut le berceau d’une importante communauté sépharade et d’une autre karaïte, après l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. Elles ont aujourd’hui quasiment disparu, suite à la Shoah, et à l’émigration qui a suivi vers Israël.

    Les Juifs originaires de la péninsule Ibérique [modifier]
    Articles détaillés : Décret de l’Alhambra, séfarade, Ladino (langue) et Judéo-espagnol.
    Les Juifs de la péninsule Ibérique s’y installèrent après la chute du Second Temple. Après la conquête arabe au VIIIe siècle, ils deviennent une communauté soumise à la double influence de la culture mozarabe (culture latine influencée par le monde arabe) et de la culture arabo-musulmane.

    À partir du Xe siècle, les chrétiens réfugiés dans le Nord de la péninsule Ibérique commencent à augmenter sensiblement leurs zones d’influences, jusqu’à l’éviction des musulmans en 1492. Les Juifs passent alors sous influences culturelles espagnole et portugaise. C’est à partir de cette période qu’on peut parler d’une culture juive espagnole indépendante de la culture arabe des Juifs des époques précédentes. Que ce soit sous les royaumes arabes ou chrétiens, de ce terreau séfarade vont sortir certains des noms parmi les plus prestigieux du judaïsme : Salomon ibn Gabirol (XIe siècle), Juda Halévi (XIIe siècle), Maïmonide (XIIe siècle) et Nahmanide (XIIIe siècle).

    Après la victoire des chrétiens contre le sultanat de Grenade, les Juifs sont expulsés dans la vague d’exaltation religieuse qui suit, d’Espagne en 1492 et du Portugal en 1496.

    Les Juifs de la péninsule émigrent alors (sauf ceux qui se convertissent, devenant alors des marranes) vers l’Italie, les Balkans, les pays d’Afrique du Nord, l’empire ottoman (principalement la Syrie mais aussi le Yichouv). Les Juifs sépharades se retrouveront dans la Compagnie des Indes, atteignant les Amériques. Par ailleurs, de nombreux marranes se réfugient aux Pays-Bas, l’Angleterre et, pour certains le sud de la France (Bordeaux), rejoignant les populations provençales; la plupart se reconvertissent.

    Cette population dispersée mais dotée d’une riche culture espagnole a longtemps conservé sa spécificité culturelle, parlant le Judéo-espagnol, et évitant de se mélanger avec les autres communautés juives. Son influence religieuse a été forte, puisque les communautés balkaniques et du monde arabe, quelles que soient leurs origines, ont fini par adopter les rituels religieux séfarades. Par extension elles ont été désignées comme séfarades. Les séfarades étant définis du point de vue du rituel et non de l’origine sont donc un groupe multi-culturel, regroupant des Juifs de culture arabe, berbère, espagnole ou grecque.

    Les communautés balkaniques ont été décimées par la Shoah.

    Les survivants ou les communautés judéo-espagnoles vivants dans le monde arabe ont émigré en très grand nombre vers Israël ou la France (pour les juifs maghrébins, où ils ont profondément marqué le paysage juif français, bien que la seconde génération tende à adopter la culture occidentale environnante). Les communautés plus modestes des Amériques ont pratiquement perdu l’usage de leur langue, ainsi que celles des Pays-Bas, largement détruite par la Shoa. La culture judéo-espagnole semble en voie de disparition[5].

    Les Juifs de culture allemande et est-européenne [modifier]
    Articles détaillés : ashkénaze, Yiddish et Histoire des Juifs en Pologne.
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    Des hassidimDes Juifs sont présents en Europe occidentale depuis l’Empire romain. Vers l’an 1000, des communautés sont identifiées dans la vallée du Rhin, axées autour des villes de Worms, Spire et Magenza (Mayence), où le Rav Guershom ben Juda codifie les bases du judaïsme ashkénaze.

    Suite aux persécutions qui débutent avec les Croisades (XIe ‑ XIIIe siècle) puis aux expulsions d’Angleterre (1290), de France (1306 et 1394) et d’Allemagne (XIVe ‑ XVe siècle), la population juive d’Europe occidentale aurait alors migré vers l’Europe centrale et orientale, où les princes polonais étaient plus accueillants (voir Histoire des Juifs en Pologne).

    Une autre hypothèse explique, au contraire, le rapide développement des populations juives est-européennes par une migration des Khazars juifs sous la pressions d’envahisseurs venus d’Asie centrale, à partir du Xe siècle. En effet, de nombreux Juifs sont également présents entre la Mer Noire et la Mer caspienne, issus de peuples turcs convertis au VIIIe siècle, les Khazars. Cette hypothèse est sujette à controverse (voir Problématique Khazars-Ashkénazes).

    Quoi qu’il en soit, de ce terreau ashkénaze vont sortir certains des noms parmi les plus prestigieux du judaïsme : Guershom de Mayence (Xe siècle), Rachi (XIe siècle), les Tossafistes (XIe au XIIIe siècle), le Maharal de Prague (XVIe siècle), etc.). Le Yiddish se serait également formé au XIIe siècle).

    La population juive européenne devient, au cours du second millénaire, importante, notamment dans des pays comme la Pologne, l’Ukraine ou la Lituanie (dont la majeure partie du territoire d’alors constitue aujourd’hui la Biélorussie). La Pologne, par exemple, compte 10% de Juifs en 1880, tandis que la ville ukrainienne d’Odessa, sur la Mer Noire, est localement surnommée « la deuxième Jérusalem ». Grâce à leur nombre et à la tradition d’étude (originellement religieuses) du judaïsme ashkénaze, ces populations vont donner des acteurs importants à la révolution intellectuelle, scientifique et industrielle qui se met en place en Europe occidentale puis centrale entre la fin du XVIIIe siècle et le XXe siècle). Religieux ou « déjudaïsés », parfois convertis, on peut citer parmi eux Moses Mendelssohn, Karl Marx, Sigmund Freud, Edmund Husserl, Franz Kafka, Stefan Zweig ou Albert Einstein. Il est à noter l’influence du Bund dans l’émergence des mouvements révolutionnaires en Russie, ainsi que le nombre important de dirigeants bolcheviks d’origine juive (Léon Trotsky, Lev Kamenev, Grigori Zinoviev, Iakov Sverdlov, Karl Radek, etc.).

    C’est également ce judaïsme éclairé qui, sous l’influence du nationalisme européen a créé le mouvement nationaliste juif, le sionisme, a tenté une laïcisation de la définition de « Juif », mais aussi a produit en réaction l’ultra-orthodoxie juive.

    À compter de la fin du XIXe siècle pour des raisons économiques (pauvreté) et politiques (antisémitisme, révolutions), les Juifs ashkénazes commencent une émigration massive vers le continent américain (surtout les États-Unis, mais aussi le Canada ou l’Argentine), l’Europe occidentale (surtout l’Allemagne, la France et l’Angleterre) et enfin vers la Palestine puis Israël.

    La Shoa a détruit une forte proportion des communautés ashkénazes est-européennes (92% en Pologne). Entre émigration et extermination, l’Europe orientale, principal centre mondial du judaïsme au XIXe siècle est aujourd’hui devenu un centre secondaire de peuplement juif, et la culture judéo-allemande a presque disparu, les communautés restant sur place ayant largement adopté les langues locales.

    Quelques groupes, comme la Edah Haredit israélienne continuent à pratiquer le Yiddish comme langue du quotidien, mais cet usage est devenu marginal ou inexistant dans presque toutes les communautés ashkénazes actuelles (en Europe, en Amérique du Nord et en Israël).

    Les Juifs de culture indienne [modifier]
    Article détaillé : Histoire des Juifs en Inde.

    Des juifs de Cochin, vers 1900.Deux groupes actuels se sont fortement assimilés à la culture indienne traditionnelle, intégrant même le système de castes au sein de leurs propres communautés. Ce sont les Juifs de Cochin (sud-ouest de l’Inde) et les Bene Israël de Bombay (Nord-Ouest de l’Inde). Totalement indianisées sauf en ce qui concerne la religion, ces deux communautés ont largement immigré en Israël dans la seconde moitié du XXe siècle.

    Les Juifs de culture éthiopienne [modifier]
    Article détaillé : Falashas.

    Falashas (plus probablement Falash Mura), préparant le plat traditionnel, l’Injera dans le Gondar, en 1996.Les Falasha ou Beta Israël ont une origine mal définie. Leur langue liturgique est le Guèze, une langue sémitique d’Éthiopie, qui sert aussi de langue liturgique à l’église copte éthiopienne. Leur culture est très marquée par les coutumes chrétiennes éthiopiennes. Il existe ainsi « une vaste littérature sacrée en guèze », en partie d’origine chrétienne, mais expurgée[6]. De même, jusqu’au XXe siècle, la communauté Beta Israël possédait une importante tradition monacale, probablement empruntée au monachisme des chrétiens d’Éthiopie. Cette institution a disparu dans le seconde moitié du XXe siècle. La communauté Beta Israël est donc une des communautés juives les plus influencée par la religion chrétienne (le christianisme copte d’Éthiopie est à l’inverse l’un des plus influencé par le judaïsme, par exemple à travers sa pratique de la circoncision ou son respect du shabbat).

    Les Falasha ont vécu pendant des siècles dans le Nord de l’Éthiopie, en particulier les provinces du Gondar et du Tigré. Après avoir bénéficié de petits États indépendants jusqu’au XVIIe siècle, ils ont été conquis par l’empire d’Éthiopie, et sont devenus une minorité marginalisée, à laquelle il était interdit de posséder des terres, accusée d’avoir le « mauvais œil ».

    Ils rentrent en contact avec le judaïsme occidental à la fin du XIXe siècle. À compter du début du XXe siècle, une redéfinition en profondeur de l’identité de la communauté se fait jour, et l’amène à se considérer désormais comme juive, et plus seulement comme Beta Israël. Cette évolution réduit progressivement les forts particularismes religieux originels et rapproche la religion des Beta Israël du Judaïsme orthodoxe.

    En 1975, le gouvernement israélien reconnaît la judaïté des Beta Israël. Ceux-ci vont alors mener une difficile émigration vers Israël dans les années 1980 et 1990. En 2005, ils sont environ 105 000 en Israël. Cette culture spécifique, comme beaucoup d’autres cultures juives, semble donc en voie d’assimilation.

    Les Juifs de culture turque [modifier]
    Ces juifs ont surtout vécu dans les zones de langue turque, à savoir l’Anatolie et le sud de l’Ukraine, lequel fut de peuplement turc de la fin de l’antiquité à sa conquête par les Russes, au XVIIIe siècle.

    Cette région, au carrefour de l’Europe orientale et de l’Asie, comporta autant de Juifs ashkénazes que sépharades, originaires de Grèce ou d’Espagne.

    C’est également en Turquie que se réfugia la communauté karaïte expulsée d’Espagne en 1492. Ces karaïtes européens, auxquels se joignirent les Karaïmes de Crimée, s’identifièrent particulièrement aux communautés turcophones, et finirent, cas rare au sein des communautés juives, par se redéfinir pour une partie d’entre eux comme Turcs de religion karaïte, et non plus comme Juifs. Ce ne fut pas le cas des Karaïtes d’Égypte, ni d’autres communautés karaïtes d’Europe, et 20 à 25 000 d’entre eux vivent en 2007 en Israël.

    Les Juifs de culture chinoise [modifier]
    Article détaillé : Histoire des Juifs en Chine.

    Juifs de Chine, vers le début du XXe siècle.La théorie généralement admise est que les Juifs de Kaifeng seraient arrivés en Chine au IXe siècle par la route de la soie, en venant de Perse ou d’Inde en passant par l’Afghanistan[7]. Ils se seraient alors installés à Kaifeng, capitale de la dynastie Song (907-1279) qui régnait alors sur l’Empire du milieu.

    Ils vécurent dans l’isolement le plus total, cultivant un judaïsme particulier car écarté de l’influence des rabbins d’Occident et fortement empreint de Confucianisme. Ils furent redécouverts par l’occident au XVIe siècle, quand l’un d’eux entra en contact avec le père jésuite Matteo Ricci, venu évangéliser la Chine.

    Après la destruction de la dernière synagogue, vers 1850, la communauté juive chinoise perdit progressivement toute cohésion, et, ayant adopté le principe d’ascendance patrilinéaire des Chinois Han, est considérée comme ayant disparu au début du XXe siècle en tant que communauté juive, à l’exception de quelques familles.

    Bien que leur histoire soit mal connue, ce judaïsme très spécifique a été une culture riche et vivante pendant au moins un millénaire.

    Les Juifs orientaux [modifier]
    Articles détaillés : Juifs mizrahim, Histoire des Juifs en Iran, juifs de Boukhara et juifs des montagnes.

    Enfants juifs en habits traditionnels, avec leur professeur, à Samarcande entre 1909 et 1915. Les communautés juives issues de Babylone [modifier]
    Les communautés juives de Perse et d’Irak font partie des plus anciennes communautés juives, descendant des Juifs exilés à Babylone lors de la destruction du Premier Temple, ainsi que des communautés des temps talmudiques. Leur origine est commune, même si leurs langues ont fini par diverger.

    Les Juifs de Perse et apparentés [modifier]
    À partir de l’empereur Cyrus II, au VIe siècle av. J.-C., les Juifs pénètrent dans l’empire perse. Des communautés de langues perses vont exister pendant 25 siècle, jusqu’au XXe siècle, non seulement au sein des frontières de l’actuel Iran, mais aussi à sa périphérie. Ces groupes ont développé des cultures particulières, parfois marquées par le zoroastrisme, et des dialectes judéo-persans.

    Beaucoup sont commerçants, traversant la route de la soie, et sont à l’origine d’« implantations » le long de celles-ci, notamment les Juifs de Boukhara (une région d’Asie centrale) parlant aujourd’hui l’Ouzbek, mais longtemps de culture persane, les Juifs des montagnes du Caucase, mais aussi les Juifs de Chine et certains Juifs d’Inde. Les Radhanites pourraient également être originaires de Perse[8].

    Ces communautés ont fortement régressé dans la seconde moitié du XXe siècle par émigration vers Israël et les États-Unis. Il subsiste cependant encore quelques milliers de personnes vivant dans les régions d’origine.

    Les Juifs d’Irak et du Kurdistan [modifier]
    Les Juifs Baghdadim forment une autre communauté juive ayant vécu sur le sol irakien, jusqu’au vingtième siècle. Nombre de figures du judaïsme traditionnel en sont issues, comme le Rav Ovadia Yossef ou le Rav Itzhak Kadouri. La communauté Baghdadi des Indes est d’ailleurs issue au XIXe siècle de la famille Sassoon, ayant fait naufrage au large des côtes indiennes[9].

    On peut aussi citer les Juifs du Kurdistan, habitant le territoire du Kurditan actuellement occupé par l’Irak, de culture kurde, le Kurde étant une langue indo-européenne appartenant au groupe iranien. Ces Juifs du Kurdistan possédaient également un vaste éventail de dialectes judéo-araméens.

    Les Juifs de culture arabe [modifier]

    Juif algérien au XIXe siècleLes Juifs du Moyen-Orient ont été sous une nette influence culturelle araméenne entre l’exil à Babylone de -586 (l’araméen étant la langue de la Babylonie et d’une large partie du Moyen-Orient antique) et l’expansion arabo-musulmane du VIIe siècle. Après cette expansion, les Juifs araméens sont devenus progressivement les Juifs arabes, absorbant en partie les communautés juives d’Afrique du Nord, pour la plupart des tribus berbères converties au judaïsme, qui n’avaient pas été influencées par l’araméen. Certaines de ces dernières ont cependant continué à utiliser des langues berbères[10].

    La culture juive du monde arabe est une des plus importantes du monde juif. Elle est assez diversifiée, les Juifs du Yémen, les Juifs du Maroc, les Juifs d’Algérie, les Juifs d’Égypte, les Juifs d’Irak, ayant chacun leurs spécificités culturelles. Ces Juifs d' »Eretz Islam » furent fortement influencées par le judaïsme sépharade, à commencer par Moïse Maïmonide, né dans l’Espagne musulmane et mort en Égypte.

    On peut noter que les Juifs des pays arabes ont majoritairement adopté les pratiques religieuses séfarades à partir du XVIe siècle, à tel point qu’on parle ainsi souvent de « séfarades » pour les désigner, alors que ce terme signifiait originellement et de façon plus étroite les descendants des Juifs d’Espagne. En Israël, le grand rabbin séfarade représente surtout les Juifs issus des anciens pays arabes, bien plus que ceux se réclamant d’une origine ibérique de plus en plus diluée avec le temps.

    La culture juive arabe est en cours d’assimilation, les communautés ayant massivement émigrées vers la France (pour les communautés maghrébines) ou Israël dans la seconde moitié du XXe siècle).

    La communauté très particulariste des Samaritains est également de culture arabe, mais absolument pas Mizrahi. De plus, son émigration partielle vers Israël a entraîné une régression de cette tradition.

    Les Juifs de culture occidentale [modifier]
    Les premiers Juifs émigrés sur le territoire américain arrivent en 1654 dans la colonie anglaise du New York[11].

    Avec l’égalité civique, dont les débuts commencent au XVIIIe siècle aux États-Unis et en France (1791), les Juifs deviennent des citoyens des pays de résidence, et tendent à s’assimiler à leurs cultures. Les langues et les cultures particularistes, jusqu’alors influencées mais pas assimilées par les cultures des pays de résidences, régressent et disparaissent.

    Le fait juif cesse de plus en plus d’être marqué par des cultures spécifiques pour devenir soit une religion, soit une affirmation identitaire, ou les deux.

    Les cultures dominantes deviennent celles des principaux pays de résidence, soit essentiellement la culture anglo-saxonne (USA, Canada, Australie, Afrique du Sud, Angleterre) et la culture française. Les cultures est-européennes sont aujourd’hui en forte régression du fait de l’émigration. Avec les écoles de l’Alliance israélite universelle, le français aura même été entre 1870 et 1950 la langue des élites juives du bassin méditerranéen.

    Démographie [modifier]
    Selon les études menées sous la responsabilité du démographe Sergio DellaPergola, publiées dans l’« Histoire Universelle des Juifs » sous la direction d’Élie Barnavi, la population juive est passée par un maximum de 4,5 millions de personnes au début de l’ère commune pour redescendre aux environs d’un million d’âmes à la chute de l’Empire Romain d’Occident. La population juive reste stable jusqu’au XVIIIe siècle pour croître jusqu’à 16,6 millions de personnes à la veille de la Seconde Guerre mondiale (dont 450 000 en Palestine). En 1945, après la shoah la population juive est estimée à 11 millions de personnes et en 2008, elle serait d’environ 13 millions de personnes dont 5,4 millions en Israël.

    En 2008, l’American Jewish Committee a publié, comme il est de coutume, l’American Jewish Year Book de l’année 2008 avec ses dernières statistiques démographiques[12] :

    États-Unis: 5 200 000
    France: 500 000
    Russie: 359 000
    Canada: 329 925
    Royaume-Uni: 297 000
    Argentine: 185 000
    Allemagne: 115 000
    Brésil: 96 500
    Chili: 75 000
    La population juive mondiale comptait environ 13 millions d’âmes en 2002 (soit 0.2% de la population mondiale environ), dont 40% vivaient en Israël. La population juive d’Israël est estimée à 5 400 000 individus. Celle-ci n’est pas considérée comme faisant partie de la diaspora.

    Controverse [modifier]
    À la fin de sa vie, en 1928, le penseur sioniste Israël Belkind publie Les Arabes en Eretz Israël, livre dans lequel il avance que l’idée d’une dispersion des Juifs après la destruction du temple par Titus est une « erreur historique »[13] :

    « Les historiens de notre temps ont l’habitude de raconter qu’après la destruction du Temple par Titus les Juifs se dispersèrent dans tous les pays de l’univers et cessèrent de vivre dans leur pays. Mais là, nous nous heurtons à une erreur historique qu’il est nécessaire d’écarter pour rétablir la situation exacte des faits. »
    Selon lui, « les travailleurs de la terre restèrent attachés à leur terroir » et donc les colons sionistes qui s’installent en Terre d’Israël doivent s’attendre à rencontrer en Palestine « une bonne partie des fils de notre peuple […] une partie intégrale de nous-même et la chair de notre chair »[14] : les descendants des Juifs, convertis à l’Islam après la conquête arabe.

    Une vision de la diaspora qui serait principalement le résultat d’expulsions[15] est aussi revisitée par plusieurs historiens contemporains tels Shlomo Sand et Marc Ferro qui ont respectivement écrit Comment le peuple juif fut inventé et Les tabous de l’histoire.

    Marc Ferro indique ainsi que, selon lui, les juifs portugais « ont complètement oublié que, loin d’être des enfants de la diaspora – sauf une infime minorité – ils sont des Berbères judaïsés aux premiers siècles de notre ère. » Il ajoute que ces juifs portugais « croient ferme, comme les Juifs d’Europe centrale, qu’ils sont tous originaires de Palestine : ceux-ci ont oublié qu’une grande partie d’entre eux sont des convertis de l’époque du royaume Khazar. »[16]

    D’autres historiens contemporains ne partagent pas cette thèse, ou tout au moins la critiquent, tels Israel Bartal, Anita Shapira[17] ou Maurice Sartre[18].

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