Ali Bongo Ondimba: président.


Crédits photo : AFP
C’est fait. Ali Bongo Ondimba, 50 ans,  a prêté serment ce jour à Libreville. Le fils de l’ancien président décédé, Omar Bongo Ondimba, devient le 3e président du Gabon. Le résultat contesté de l’élection présidentielle n’a pas fait changer d’avis à la Cour constitutionnelle.
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ALI BONGO ONDIMBA PRESIDENT !

"Des informations fondées me donnent largement gagnant", a déclaré, devant la presse, Ali Bongo, le 31 août 2009 à Libreville.

C’est Europe 1 qui  l’a annoncé avant tout le monde. Il remporte l’élection avec 41,73% des suffrages.

GABON: UN FAUTEUIL POUR TROIS.

L’immaturité politique de certains s’est encore vue ici dans les forums, l’émotion prenant finalement le dessus sur la raison. Sans vergogne ni retenue, certains ont cru bon d’insulter, simplement parce que leur champion ou leur favori, ou leur candidat ne faisait pas partir des saints ou du saint des saints dans l’élection gabonaise commentée ici.

De dire que les candidats jouaient tous un mauvais jeu fut, à certains, un appel à un soutien sans faille au fils du défunt président gabonais, Ali Bongo Ondimba. Il n’en est rien. C’est de l’hypocrisie et une fuite en avant crasse. Remettons-nous dans le contexte de cette élection:

– A peine que les bureaux de vote étaient fermés, l’un des candidats, André Mba Obame, ex-ministre de l’Intérieur, annonce qu’à part un miracle, il est le grand gagnant.

– Ensuite, sentant qu’il y a danger, c’est un autre favori, Pierre Mamboundou, opposant historique au président Omar Bongo, qui, lui aussi, annonce qu’il est le grand gagnant. Il publie même les chiffres, voir ICI.

– Et puis, dans cette situation, le silence étant inquiétant, finalement, le principal favori, qui a semble-t-il bénéficié de l’appuie de la machine de son parti, le PDG (Parti démocratique gabonais) au pouvoir, s’est aussi exprimé, s’estimant vainqueur.

Dans ce contexte donc, il faut raison garder. Et, ceux qui parlent aujourd’hui d’un coup d‘état déguisé ne veulent-ils pas simplement mettre le Gabon à feu et à sang ? Pourquoi et sur quelle base tiennent-ils leurs résultats qui seraient plus crédibles que ceux des autres ? Certains se sont-ils posés cette question ?

Visiblement donc, on prend pour parole d’Évangile tout ce que dit l’opposition, simplement parce qu’on est de cette mouvance. Où est finalement la raison ? Ainsi, pour se convaincre qu’on a gagné, sans attendre même que les Commissions électorales aient rendu leur verdict, c’est tout le monde qui s’autoproclame vainqueur.

Je demande donc aux uns et aux autres de se calmer, se ressaisir car, aucun d’eux ni moi-même votre humble serviteur, ne peut dire qu’il est dans le secret des dieux. Ce serait un mensonge éhonté et, dire qu’Ali Bongo Ondimba, Andre Mba Obama ou Pierre Mamboundou est vainqueur, fait aussi partir des possibilités à accepter sinon, c’est la démocratie qui perdra.

Ce soir donc, nous saurons quel est le vainqueur de cette élection.

PARALLAX

ALI BONGO ONDIMBA PRESIDENT ?

C’est ce qu’affirment les élites du PDG et c’est probable.

En réalité, selon nos informations qui ne se basent pas uniquement à Libreville comme le font certains médias partisans, le Gabon profond, loin du microcosme librevillois, a choisi et porté son suffrage au fils du défunt président Omar Bongo.

Donc, en réalité, ni Pierre Mamboundou ni André Mba Obame qui clament leur victoire….librevilloise (?) ne peuvent pas au jour d’aujourd’hui indiquer de façon crédible qu’ils ont remporté l’élection présidentielle dont les résultats définitifs seront connus mercredi.

Toujours est-il que, André Mba Obame autoproclamé «candidat de l’interposition», rejoint par une coalition fang donc ethnique ( Jean Ntoutoume Ngoua, Anna Claudine Ayo Assayi, Paul Mba Abessole, Medhi Teale et Jean Eyéghé Ndong) ou Ali Bongo Ondimba sont tous issus du PDG (Parti démocratique gabonais). Finalement, la seule candidature nationale est celle du fils d’Omar Bongo.

On peut fustiger le fait que le Gabon ne devienne à la limite une dynastie mais, d’un autre côté, l’honnêteté intellectuelle fait comprendre aux uns et aux autres qu’une élection libre ne pourrait in fine voir la victoire d’une personne non-issue du serail et surtout du parti au pouvoir, le PDG. L’ignorer en se focalisant sur la probable victoire frauduleuse d’Ali Bongo Ondimba est hypocrite ou simplement le fait d’une méconnaissance politique des réalités gabonaises.

Sans soutenir Ali Bongo Ondimba, s’il n’est pas élu président, ce serait plutôt un miracle. Quant aux autres candidats, notamment Pierre Mamboundou, opposant historique, sa vie politique pourra se prolonger tandis que celle de André Mba Obame, transfuge du PDG qui doit tout au clan Bongo, il semble signer tout seul comme un grand, sa mort politique.

Tiens, et si on faisait Ali Bongo Ondimba le rappeur ?

PARALLAX