INTERVIEW VERITE DE DIEUDONNE (PART. 2)

Maclean's Interview: Dieudonné M’Bala M’Bala

Maclean: Vous avez été accusé d’avoir dit que les Juifs étaient des marchands d’esclaves qui sont devenus des banquiers, et que chaque année la commémoration de la Shoah est une  « pornographie mettant en scène la mémoire. » Dans le même temps, vous dites que vous êtes anti-sioniste, et non pas anti-sémite.
Dieudonné : Je ne me considère pas comme un anti-sémite. Je suis soutenu dans mes aspirations politiques par un grand nombre de Juifs, dont les parents ont été victimes d’abominables atrocités pendant la guerre. Oui, je suis anti-sioniste. Il s’agit d’un projet politique qui est à égalité avec l’apartheid, et elle doit être combattue.
Maclean : Est-ce vrai que vous avez dit que les Juifs étaient des marchands d’esclaves qui sont devenus des banquiers ?
Dieudonné : Je ne traite pas tous les Juifs d’esclaves ou de banquiers. J’étais  face à un groupe de sionistes qui ont pris un de mes spectacles en otage à Lyon, et qui scandaient des slogans tel  » Israël vaincra » ou encore des « mort aux Palestiniens » et ce genre de choses etc. Pire, ils ont blessé une adolescente de  13 ans dans la salle avec du gaz. Pourquoi la Justice n’en fait pas état ? Ces gens se sont définis comme sionistes. Et, puisque je parlais d’esclavage au cours du spectacle, j’ai fait le parallèle avec le sionisme. Or, mes propos ont été traités hors contexte. Mais, si vous regardez bien la traite transatlantique des esclaves, ce qui fut légal pendant 400 ans, vous verrez bien que, entre les achèteurs qui étaient des banquiers, il y avait des gens de toutes sortes de milieux mais, surtout des chrétiens et des juifs. Dire le contraire serait mentir.
Maclean : Vous vous êtes reconcilié et brouillé à plusieurs reprises avec votre ancien ami Elie Semoun, un juif. Qu’est-ce qu’il a pensé de votre rapprochement avec Jean-Marie Le Pen ?
Dieudonné : Il est maintenant dans le business et, faire de  la politique est incompatible.
Maclean : Une chose étrange:  son cousin, Patrick Bruel, vous a esté pour diffamation après que vous l’ayez traité de « menteur et d’être un soldat israélien » sur une émission de la télévision québécoise. Vous allez lui versé les 75.000 $ ?
Dieudonné : C’est pas fini. la Justice suis son cours.
Maclean : Vos propos sur les Juifs ont un grand retentissement mais, il convient de mentionner que vous vous moquez aussi des musulmans.
Dieudonné : Dans mon humour, je m’attaque à toutes les formes d’extrémisme. Les communautés et les frontières qui nous divisent pour moi, un jeu. Je joue ça mais, certains se révoltent. C’est un bon exemple parmi tant d’autres. La communauté musulmane n’a jamais été hostile à mon égard. Je ne sais pas, peut-être ont-ils un meilleur sens de l’humour.
Maclean : Faire des blagues comme par exemple, l’Iran serait moins dangereux que la France…
Dieudonné : Peut-être mais, nous ne sommes pas en Iran.  Nuançons. Nous sommes apparemment dans un pays où l’on peut rire et s’amuser. Le problème est que la France est un pays qui est sous le joug du lobby sioniste, et de ce fait, les réactions à mes paroles ne seraient probablement pas à leur place dans un État religieux.
Maclean : Ceux qui vous entendent dire les choses ainsi comme pensent que vous faites la promotion de la haine.
Dieudonné : Je ne tiens pas à promouvoir la haine.
Maclean : Le Pen a dit des choses horribles par le passé.
Dieudonné : Il a été cité à comparaître, oui. 
Maclean : Comment peut-il être le parrain de votre fille, Plume ?
Dieudonné : Ah, vous parlez de la promotion de mon dernier spectacle, « J’ai fais l’con » où j’ai utilisé une stratégie de promotion qui a été fondée sur la provocation ?
Maclean : C’est le moins qu’on puisse dire. 
Dieudonné : C’était un moyen de promouvoir mon show.
Maclean : Alors, est-il toujours le parrain de votre enfant ?
Dieudonné : Vous ne pouvez demander à un magicien ses mystifications. Qu’est-ce que je peux dire, c’est que c’est une façon de présenter mon spectacle et, dans les 10 premières minutes de ce spectacle d’ailleurs, je raconte cette histoire de Le Pen à qui j’ai demandé d’être le parrain de ma fille. En ce qui concerne le baptême en soit, c’est fantastique. J’ai un profond respect pour le Christ mais, l’Eglise… Maintenant, que penser du symbole et de l’effet de mettre l’eau sur la tête d’un enfant ? La discussion est ouverte.
A suivre !

INTERVIEW VERITE DE DIEUDONNE (PART 1).

Le 10 juin dernier au Canada, l’humoriste Dieudonné a donné une interview au journal Maclean, l’un des plus gros tirage de la presse canadienne anglophone. Découvrez en dessous, le premier extrait de ce long entretien qui comporte vous le verrez, des aproximations sur certains points qui échappent, on le comprend, à la presse étrangère. Parallax.

 

Le comique français Dieudonné M’Bala M’Bala donne les raisons pour lesquelles il a parlé de « Juifs négriers », et pourquoi il a postulé pour le Parlement européen.

dieudonné

L’humoriste français Dieudonné M’Bala M’Bala a diverti et exaspéré son pays pendant près de 20 ans. Récemment, avec son one-man show qui portent sur la « race », la religion et la violence familiale, entre autres, il aborde des sujets comiques tabous. En 2006, il est tombé en disgrâce avec la France médiaque et politique, ainsi que bon nombre de ses fans, quand il a déclaré son admiration de Jean-Marie Le Pen, leader du parti de  l’extrême-droite, Le Front National, allant jusqu’à faire de lui, le parrain de sa fille. Dieudonné a effectué son show en cinq dates à Montréal où, il reste extrêmement populaire en dépit (ou peut-être à cause des) controverses qui l’entourent.

Maclean : Vous êtes bien connu au Québec, mais pas au Canada anglais. Présentez-vous, s’il vous plaît.

Dieudonné : Je suis français, avec des racines africaines. J’ai 43 ans. Comédien et humoriste depuis 30 ans en réalité. J’ai un style de comédie qui provoque une certaine forme réaction de la part de mes contemporains.

Maclean : C’est le but ? Obtenir une réaction ?

Dieudonné : Oui, c’est mon style. J’adore jouer avec les limites géographiques, les frontières religieuses et ethniques. C’est un jeu intéressant pour moi. Ici, au Canada, vous l’appelez l’accommodement raisonnable. Tout ce qui divise les gens est intéressant pour moi. J’ai beaucoup de plaisir avec ça.

Maclean : Parlez-moi de votre plus récent spectacle, Sandrine.

Dieudonné : Il y a six ans, j’ai fait un spectacle intitulé « Le divorce de Patrick » qui était basé sur un de mes amis. Je parle du même Patrick six ans après, maintenant, il est marié avec Sandrine.  il s’articlue sur la question de la violence conjugale.

Maclean : Comment vous retrouvez-vous dans cet humour-là ?

Dieudonné : La folie des hommes est un terreau fertile pour nous, comédiens. La violence conjugale est le préambule à l’histoire. Le reste se situe dans l’environnement de Sandrine.

Maclean : Il est un peu moins politique que le précédent donc.

Dieudonné : Un peu moins, mais c’est un sujet tabou, surtout ici au Québec, où il s’agit d’un problème, non ?

Maclean : L’avez-vous écrit avec en tête le Québec ?

Dieudonné : Je viens ici assez souvent, alors peut-être. Mais la relation entre un homme et une femme est universelle.

Maclean : Vous êtes tout à coup beaucoup moins drôle en France, depuis que vous vous êtes allié à Jean-Marie Le Pen. Pourquoi êtes-vous très populaire au Québec?

Dieudonné : Tout est relatif, vraiment. J’ai eu un spectacle à Paris en Décembre dernier avec 5000 personnes dans le public (Zenith ndlr). Je dirais que je suis toujours aussi populaire là-bas, c’est juste que je suis en conflit avec certaines élites politiques et médiatiques.

Maclean : Mais vous êtes accueillis au Québec à bras ouverts.

Dieudonné : Oui, oui. Les Québécois sont moins touchés par les controverses qui m’entourent en France. J’ai un bon suivi ici. Le soutien des médias au Québec est beaucoup plus favorable. C’est ce que je trouve remarquable.

Maclean : Certains médias ici commencent à vous tourner le dos.

Dieudonné : Oui, un peu. Mais cela n’a pas d’importance parce que je ne travaille pas pour les médias. Je travaille pour mon public.

Maclean : Un chroniqueur de La Presse a récemment critiqué les Québécois qui vous tolèrent et vous célèbrent.  Il a dit que, en France, les critiques de vos mots de haine ont eu pour effet, de diminuer votre popularité, tandis que, au Québec, vous êtes totalement accepté.

Dieudonné : Cela est en soi un avis de haine, et cela montre un manque de respect de sa part, pour le public québécois. Il devrait au moins le respecter. Il a néanmoins le droit de dire ce qu’il veut.  Et, de toute façon, il me font de la publicité. Attention, un buzz, ce n’est pas positif ni négatif. Lui,  il est un juste autoproclamé. Je vais faire l’inverse. Je vais jouer les méchants si c’est ça qu’ils veulent.

A suivre demain !

Traduction : Parallax

Voir 2e partie ICI